
Ce test a été fait grâce à une version physique envoyée par Plaion.
Quand on parle de jeux de course des années 90, certains noms reviennent instantanément. Screamer, sorti en 1995 sur MS-DOS, fait partie de ces titres qui ont marqué une époque, sans forcément traverser les générations avec la même aura que d’autres licences. Autant dire que le voir revenir aujourd’hui sous la houlette de Milestone, un studio surtout connu pour ses simulations de moto, avait de quoi intriguer… voire inquiéter. Mais qu’on se le dise tout de suite, ce nouveau Screamer n’est pas là pour flatter la nostalgie. Il est là pour la bousculer.



Premier choc, la direction artistique. On est très loin d’un simple lifting HD. Ici, Milestone a pris une décision forte, transformer complètement l’identité visuelle du jeu en s’inspirant massivement de l’animation japonaise. Résultat ? Un style visuel assumé, coloré, stylisé, presque cel-shadé par moments, qui tranche avec les standards du jeu de course réaliste. Le jeu dégage une vraie personnalité, et surtout une cohérence artistique rare dans le genre. Les cinématiques, réalisées par Polygon Pictures, renforcent cette identité. Elles sont propres, dynamiques, et clairement au-dessus de ce qu’on voit habituellement dans un jeu de course. On sent une volonté de raconter quelque chose, de donner une épaisseur à cet univers et ça marche.



Là où Screamer prend un risque supplémentaire, c’est avec son mode histoire. Entre deux courses, on enchaîne les cinématiques et des phases de dialogues sous forme de bulles sur images fixes. Sur le papier, ça enrichit l’expérience. Dans les faits, c’est plus contrasté.
Un choix notamment interpelle, les personnages parlent chacun dans leur langue natale. Un Français parle français, un anglophone parle anglais, etc. L’idée peut sembler immersive… mais elle casse parfois le rythme et peut déstabiliser. On passe plus de temps à s’adapter qu’à réellement s’immerger. C’est un parti pris artistique, mais pas forcément le plus pertinent.




C’est là que le jeu va diviser. Si tu t’attends à un jeu de course classique où il suffit d’accélérer, freiner et prendre les virages proprement, oublie immédiatement. Screamer propose un gameplay hybride, à mi-chemin entre jeu de course et jeu de combat. Et ça change tout. Le drift, par exemple, ne se résume pas à un simple appui sur une gâchette. Il faut gérer le joystick gauche avec précision, anticiper, doser… Au début, c’est simple, tu galères. Vraiment. Mais une fois que tu comprends la logique, que tes doigts commencent à suivre ton cerveau, le jeu devient beaucoup plus gratifiant. Ajoute à ça la gestion du boost, les mécaniques offensives/défensives, et tu obtiens un système qui demande un vrai apprentissage.
On est presque dans une logique de “skill ceiling” à la jeu de baston.
C’est exigeant, c’est frustrant. Mais c’est aussi ce qui donne au jeu sa saveur unique.



Ce mélange course/combat ne plaira clairement pas à tout le monde.
Certains vont décrocher face à la complexité. D’autres vont regretter le côté arcade immédiat. Mais il faut reconnaître une chose, Screamer ose. Dans un marché saturé de jeux de course qui se ressemblent tous plus ou moins, il propose une alternative et une vraie. Et rien que pour ça, il mérite qu’on s’y attarde.


Côté audio, rien à redire, les musiques sont excellentes. Elles accompagnent parfaitement l’action et renforcent cette ambiance hybride entre arcade nerveuse et anime stylisé. Techniquement, le jeu est propre. Fluide, stable, agréable à jouer. Pas de gros défauts à signaler, ce qui est toujours appréciable sur un titre aussi exigeant en termes de gameplay.


Screamer version 2026 n’est pas un remake paresseux. C’est une réinterprétation audacieuse, parfois maladroite, mais toujours intéressante. Il ne cherche pas à plaire à tout le monde. Il cherche à proposer quelque chose de différent. Et dans une industrie souvent frileuse, c’est déjà une victoire. Screamer n’est pas le jeu que tu attends. C’est le jeu qui va te tester. Si t’acceptes de t’investir, de comprendre ses mécaniques et d’entrer dans sa vision, tu pourrais bien découvrir une expérience unique. Sinon… tu risques de lâcher la manette assez vite. À toi de voir de quel côté tu veux te placer.

Les Plus :
- Direction artistique forte et assumée
- Cinématiques de qualité
- Gameplay profond et exigeant
- Bande-son réussie
- Une vraie prise de risque
Les Moins :
- Prise en main difficile, parfois frustrante
- Choix linguistique déroutant dans les dialogues
- Narration qui manque d’impact malgré les ambitions



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