
Ce test a fait grâce a une clé envoyée par Kickpushagency.
Sept ans. C’est le temps qu’il aura fallu à IO Interactive pour donner naissance à 007 First Light. Sept années de développement pour ce qui représente à la fois le projet le plus long et le plus coûteux de l’histoire du studio danois. Après avoir passé près de deux décennies à perfectionner la formule Hitman, les créateurs de l’Agent 47 s’attaquent à une autre légende de l’espionnage, James Bond.
Et forcément, les attentes étaient immenses. Dès son annonce, beaucoup imaginaient déjà un Hitman version 007. Après tout, les deux licences partagent de nombreux points communs, infiltration, gadgets, espionnage et éliminations discrètes. Pourtant, IO Interactive a choisi une direction bien différente. 007 First Light n’est pas un Hitman avec un smoking.
C’est avant tout une aventure solo narrative qui mélange les mécaniques d’infiltration du studio avec une approche beaucoup plus spectaculaire et cinématographique, quelque part entre Hitman et Uncharted. Et c’est probablement là que réside à la fois sa plus grande qualité… et sa plus grande faiblesse.




Plutôt que de raconter une nouvelle mission du Bond que tout le monde connaît, IO Interactive a choisi de revenir aux origines du personnage. On découvre un James Bond plus jeune, encore imparfait, qui apprend progressivement à devenir l’espion légendaire que l’on connaît. Le scénario est bien écrit, les personnages sont convaincants et l’ensemble respecte parfaitement l’esprit de la franchise. Le studio réussit à construire un Bond crédible sans trahir l’héritage du personnage. Cette approche apporte un véritable intérêt narratif et donne envie d’avancer dans l’aventure.






L’une des plus grandes réussites du jeu est sa manière de représenter l’univers James Bond. IO Interactive ne choisit pas entre les différentes époques de la licence et décide au contraire de les mélanger.
On retrouve le Bond classique avec ses gadgets sophistiqués, ses infiltrations élégantes. Mais on retrouve également l’influence des films portés par Daniel Craig. Le Bond de First Light est plus physique, plus brutal et davantage tourné vers l’action. Les fusillades sont punchy, les combats plus violents et certaines séquences rappellent directement Casino Royale ou Skyfall. Le résultat est un équilibre plutôt réussi qui permet au jeu de rendre hommage à toute l’histoire de la franchise.






Là encore, le studio impressionne.
La réalisation est extrêmement soignée. Les cinématiques s’enchaînent naturellement avec le gameplay, les décors sont variés et certaines séquences spectaculaires donnent réellement l’impression de participer à un blockbuster hollywoodien. Les poursuites, les infiltrations, les moments d’action et les passages plus calmes s’enchaînent avec fluidité. À plusieurs reprises, on retrouve cette sensation propre aux films James Bond, celle de vivre une aventure internationale où le danger peut surgir à chaque instant.






Visuellement, 007 First Light est réussi. Les environnements sont détaillés, les effets de lumière convaincants et certaines destinations offrent de très beaux panoramas. La direction artistique participe grandement à l’immersion. Mais soyons honnêtes, après sept ans de développement et le budget le plus important de l’histoire du studio, on pouvait s’attendre à davantage. Le moteur graphique est clairement une évolution de celui des derniers Hitman. Les améliorations sont visibles, mais il ne s’agit pas d’un bond technologique majeur. Certaines animations restent inégales, les visages ne rivalisent pas toujours avec les meilleures productions actuelles et, globalement, le jeu reste en retrait face aux véritables vitrines techniques du marché. Ce n’est pas une claque graphique. Mais c’est un jeu joli, cohérent et agréable à regarder du début à la fin. Et au fond, c’est déjà largement suffisant pour servir son univers.






C’est malheureusement ici que le bât blesse. Quand on joue à un titre développé par IO Interactive, on pense immédiatement à Hitman et à sa liberté presque totale. Chaque niveau était un immense terrain de jeu où l’on pouvait improviser, expérimenter et résoudre les situations de dizaines de façons différentes. Dans 007 First Light, cette philosophie disparaît presque totalement. Le jeu est extrêmement dirigiste. Certes, certaines missions proposent plusieurs itinéraires ou différentes approches pour atteindre un objectif. Mais ces possibilités restent très limitées comparées à ce que le studio a déjà démontré par le passé. On sent constamment le scénario nous guider vers une solution précise.
Le résultat est efficace, mais aussi frustrant. Plus on avance, plus on a l’impression que le studio a volontairement mis de côté ce qui faisait sa force pour privilégier le spectacle et la narration. Pour beaucoup de joueurs, cela ne posera aucun problème. Pour les fans de Hitman, la déception risque d’être bien réelle.



Autre défaut, le rythme. L’écriture est bonne, mais le jeu a parfois tendance à trop parler. Certaines scènes s’étirent inutilement et plusieurs dialogues auraient gagné à être plus concis. Ce n’est jamais catastrophique, mais cela renforce encore ce sentiment de contrôle permanent exercé par le scénario.
Là où Hitman nous laissait constamment expérimenter, 007 First Light préfère régulièrement nous expliquer quoi faire et où aller.



007 First Light est un très bon jeu d’action-aventure et probablement l’une des meilleures adaptations vidéoludiques de James Bond depuis très longtemps. L’écriture est solide, la mise en scène spectaculaire, l’univers parfaitement respecté et le mélange entre le Bond classique et le Bond moderne fonctionne admirablement. Malheureusement, difficile de ne pas ressentir une pointe de frustration lorsque l’on connaît le talent d’IO Interactive en matière de liberté de gameplay.
Le studio livre ici une aventure plus proche d’Uncharted que d’Hitman. Un choix assumé, cohérent avec l’univers James Bond, mais qui risque de laisser certains fans sur leur faim. Au final, 007 First Light est un excellent James Bond.
Simplement, ce n’est pas le James Bond que beaucoup imaginaient voir naître chez les créateurs de Hitman.













Les Plus :
- Une origin story réussie pour James Bond
- L’acteur Patrick Gibson qui prête ses traits à James Bond
- Un scénario solide et des personnages convaincants
- Une mise en scène digne des films
- Le mélange réussi entre Bond classique et Bond moderne
- De beaux environnements et une direction artistique soignée
- Plusieurs séquences d’action mémorables
- Respect total de l’univers James Bond
- Un vrai blockbuster vidéoludique
Les Moins :
- Beaucoup trop dirigiste
- Une liberté très limitée comparée à Hitman
- Des missions souvent trop linéaires
- Un jeu parfois trop bavard
- Peu de rejouabilité
- Pas la claque technique attendue après 7 ans de développement
- Un moteur graphique qui reste proche de celui des Hitman
- Les fans du studio pourraient rester sur leur faim



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