Ce test a été fait grâce à une clé envoyée par PlayStation France.

Trois siècles après les événements du premier épisode, Ghost of Yõtei nous transporte de nouveau dans le Japon féodal, mais cette fois loin des terres du sud que nous avions arpentées autrefois. Cap sur le nord du pays, ses forêts enneigées, ses montagnes glacées et ses villages isolés. Un cadre dépaysant et superbe, mais qui ne parvient pas toujours à masquer le fait que cette suite ne tente… rien de plus que son prédécesseur.

Adieu le héros du précédent volet, cette fois, on incarne Atsu, une jeune femme marquée par la tragédie. Fille d’un forgeron assassiné, qui lui avait appris à manier et à forger ses propres armes, Atsu vit uniquement pour la vengeance. Sa mère a elle aussi été tuée, et depuis, l’héroïne ne laisse place à aucune émotion, froide, sèche, méthodique, elle avance sans jamais regarder en arrière. Ce portrait dur et tranchant fonctionne bien. Atsu est un personnage marquant, et même si son histoire repose encore une fois sur une énième vengeance déjà vue mille fois, sa détermination et son charisme suffisent à donner corps à cette aventure.

Si le cadre change, le gameplay, lui, reste figé. Pire encore, Ghost of Yõtei semble faire du surplace. Le système de posture du premier jeu a été supprimé, remplacé par un fonctionnement basé sur cinq armes principales, katana, double katana, lance, et deux autres armes spécifiques. Chaque arme possède ses avantages et doit être utilisée contre des types d’ennemis précis. Par exemple, le double katana est plus efficace contre les porteurs de lance, alors que le simple katana sera meilleur contre des adversaires plus rapides. L’idée est intéressante, mais l’exécution laisse parfois à désirer. Les combats souffrent toujours de l’absence de système de lock, la caméra part dans tous les sens dès qu’il y a plus de deux ennemis, et l’IA est aux fraises, incapable de réagir avec cohérence. Autant dire qu’on a souvent plus l’impression de lutter contre le jeu que contre les ennemis. Et ce constat est d’autant plus frustrant que le premier épisode souffrait déjà de ces mêmes problèmes. La principale nouveauté, c’est l’arrivée d’un loup, qu’Atsu sauve au début du jeu et qui devient un ami. Le loup peut être appelé en combat pour venir la soutenir, mais ça reste malgré tout très gadget.

C’est sans doute là le plus gros reproche que l’on peut faire à Ghost of Yõtei. Le jeu ne fait rien de mieux que son prédécesseur. Il ne tente rien de neuf, ne prend aucun risque, et se contente de rejouer la même partition avec un vernis différent. Le premier épisode, malgré ses bugs parfois dignes d’un autre temps, pouvait se permettre quelques maladresses, c’était une nouvelle licence, on découvrait son univers, et ses défauts étaient pardonnables. Mais ici, trois siècles plus tard dans la chronologie, et plusieurs années plus tard dans le développement, on retrouve les mêmes bugs, les mêmes problèmes de caméra, et la même sensation d’un jeu qui manque de finition. Et pour une suite, ce n’est plus excusable. Le constat est simple, Ghost of Yõtei est un très beau jeu, comme l’était le précédent, mais il donne la désagréable impression de stagner. On espérait une évolution, on a eu une répétition.

Heureusement, tout n’est pas à jeter. La direction artistique reste somptueuse, paysages enneigés, verdoyants, villages battus par le vent… tout respire la beauté et la mélancolie. Et si le scénario manque de profondeur, l’ambiance sonore et la mise en scène savent capter l’attention. La DualSense est, quant à elle, remarquablement exploitée. Les vibrations subtiles, la tension des gâchettes, les sensations de frappe et même la résistance des matériaux donnent une vraie dimension sensorielle au jeu. On ressent la puissance des coups c’est une réussite totale sur ce plan.

Ghost of Yõtei aurait pu être la confirmation d’une nouvelle grande licence chez PlayStation. Malheureusement, cette suite ne corrige rien, ne tente rien, et ne fait rien de mieux. Les mêmes forces et les mêmes faiblesses reviennent. Superbe direction artistique, combats intenses… mais aussi bugs, IA à la ramasse, et une caméra qui peine à suivre. On en ressort partagé. Un bon jeu, mais une vraie déception pour une suite qui aurait dû sublimer les bases du premier opus.

Les Plus :

  • Une héroïne charismatique et marquée par la tragédie
  • Un Japon du nord somptueux et dépaysant
  • Une direction artistique splendide
  • Cinq armes principales à maîtriser selon le type d’ennemis
  • La DualSense magnifiquement exploitée
  • Combats nerveux et percutants
  • L’OST est sublime

Les Moins :

  • Toujours pas de lock sur les ennemis
  • Caméra souvent catastrophique
  • IA dans les choux
  • Bugs de finition dignes d’un jeu PS3
  • Scénario de vengeance ultra-classique
  • Aucune évolution depuis le premier opus

Laisser un commentaire

Tendances