Ce test a été fait grâce à une clé envoyée par PlayStation France (#AD).

Après Dragon Ball FighterZ et Guilty Gear Strive, Arc System Works s’attaque à une autre licence monumentale, Marvel. Avec Marvel Tōkon: Fighting Souls, le studio japonais ne cherche pas à reproduire Marvel vs. Capcom, mais à proposer sa propre vision du versus fighting en équipe. Plus accessible que ses précédentes productions, tout en conservant une vraie profondeur de gameplay, le titre réussit-il son pari ? Voici mon verdict.

Premier point qui mérite d’être souligné : Marvel Tōkon: Fighting Souls est édité par Sony Interactive Entertainment et sort exclusivement sur PS5 et PC. Sony continue ainsi de s’offrir une exclusivité particulièrement solide avec une des licences les plus populaires au monde. Cette collaboration confirme également que Disney continue d’accorder sa confiance à Sony lorsqu’il s’agit d’exploiter la licence Marvel. Il faut dire que les précédentes productions du constructeur japonais ont largement fait leurs preuves. Marvel’s Spider-Man, Marvel’s Spider-Man: Miles Morales et Marvel’s Spider-Man 2 ont tous rencontré un immense succès critique et commercial. Avec Marvel Tōkon, Sony ajoute une nouvelle corde à son arc, cette fois dans le domaine du jeu de combat. Si vous connaissez Arc System Works, vous savez que le studio a la réputation de développer des jeux exigeants, où l’apprentissage demande souvent plusieurs dizaines d’heures. La bonne surprise de Marvel Tōkon, c’est qu’il casse justement cette image. Oui, le jeu reste technique. Les joueurs qui souhaitent maîtriser toutes les mécaniques, les optimisations de combos ou les subtilités du système d’assistance auront largement de quoi faire. Mais contrairement à certains titres du studio, les débutants peuvent immédiatement prendre du plaisir. Les commandes sont intuitives, les combos sortent naturellement et le jeu donne rapidement l’impression d’être spectaculaire sans demander une exécution irréprochable. On réalise des enchaînements impressionnants dès les premières parties, sans pour autant sacrifier la profondeur pour les joueurs compétitifs. J’irais même jusqu’à dire que Marvel Tōkon: Fighting Souls est probablement le jeu le plus grand public jamais développé par Arc System Works.

Là où le jeu se démarque vraiment, c’est avec son système 4 contre 4. L’objectif est simple, retranscrire les affrontements gigantesques des comics Marvel, où plusieurs héros et vilains se battent simultanément. Chaque équipe est composée d’un personnage principal accompagné de trois alliés. Deux philosophies de jeu sont alors possibles, rester concentré sur son leader tout en utilisant les personnages de soutien comme assistances, ou changer régulièrement de combattant afin de contrôler toute son équipe au fil du combat. Contrairement aux autres jeux de combat en équipe, l’ensemble des personnages partage une unique jauge de vie, appelée Jauge Vitale. Au début d’un match, seul le leader et un premier soutien sont disponibles. Les autres membres rejoignent progressivement le combat en remplissant différentes conditions. L’une des mécaniques centrales est le Wall Break, directement inspiré de Guilty Gear Strive. Lorsqu’un adversaire est violemment projeté contre un mur grâce à un combo puissant, le décor explose et le combat se poursuit dans une nouvelle zone du stage, tout en débloquant progressivement le reste de votre équipe. Le système d’assistance repose sur la Jauge d’Assemblage. Avant chaque combat, chaque personnage peut recevoir différents types d’assistances, projectiles, attaques anti-aériennes ou interventions offensives selon la stratégie choisie. Ces assistances peuvent ensuite évoluer vers les fameux Crossovers, permettant de prendre immédiatement le contrôle d’un allié afin de prolonger un combo ou d’enchaîner les attaques de manière spectaculaire. À cela s’ajoute une Jauge de compétence, utilisée pour lancer des techniques EX ou des attaques ultimes. Les plus gros combos rappellent immédiatement les célèbres DHC de Marvel vs. Capcom, où toute l’équipe participe à une immense séquence d’attaques spéciales. Enfin, lorsque tout semble perdu, le Tōkon Assemble agit comme une ultime mécanique de retour. Disponible uniquement dans certaines conditions très précises, cette attaque réunit les quatre membres de l’équipe dans une énorme cinématique qui constitue l’un des moments les plus impressionnants du jeu. Le résultat est extrêmement dynamique. Malgré la quantité de personnages présents à l’écran, la lisibilité reste excellente et les combats offrent un spectacle permanent.

Comme toujours avec Arc System Works, l’animation est bluffante. Les personnages sont incroyablement fluides, les effets de lumière explosent dans tous les sens, les attaques spéciales sont particulièrement impressionnantes et les transitions entre les différentes zones des stages donnent énormément de rythme aux affrontements. Les décors, inspirés de nombreux lieux emblématiques de l’univers Marvel, profitent pleinement des Wall Breaks et renforcent le côté spectaculaire des combats. Mais une direction artistique qui divise c’est probablement le point qui m’a le plus partagé. Je m’attendais à retrouver une direction artistique proche des comics américains. Pourtant, Arc System Works a préféré imposer sa propre identité en adoptant une esthétique beaucoup plus japonaise. Le résultat fonctionne sur certains personnages… mais beaucoup moins sur d’autres. Je ne suis par exemple pas convaincu par le design d’Iron Man, largement inspiré des animés de méchas. Quant à Captain America, son visage paraît beaucoup trop jeune et manque du charisme auquel le personnage nous a habitués. Heureusement, certains héros comme Wolverine, Magik ou encore Ghost Rider s’en sortent beaucoup mieux. Cette direction artistique ne plaira donc pas à tout le monde.

Le principal contenu solo repose sur le Mode Épisode. Les vingt personnages du roster sont répartis en cinq équipes de quatre combattants, chacune disposant de sa propre histoire avant de culminer vers un affrontement contre le Promoteur puis le Champion. Les cinématiques en temps réel sont plutôt réussies, bien mises en scène et agréables à regarder. Le problème, c’est qu’elles sont trop rares. Entre deux séquences animées, le jeu bascule régulièrement sur des planches de comics composées d’images fixes accompagnées des dialogues des personnages. Le procédé fonctionne, mais donne parfois l’impression que le budget n’a pas permis d’aller jusqu’au bout de l’ambition narrative. On aurait aimé davantage de véritables cinématiques. Le jeu propose dès son lancement 20 personnages, répartis en cinq équipes :

Les Gardiens Extraordinaires

  • Ms. Marvel
  • Peni Parker
  • Spider-Man
  • Star-Lord

Combattants Avengers

  • Black Panther
  • Captain America
  • Hulk
  • Iron Man

Chevaliers du Destin

  • Carnage
  • Docteur Fatalis
  • Le Bouffon Vert
  • Magnéto

Cavaliers Samouraïs

  • Blade
  • Deadpool
  • Ghost Rider (Robbie Reyes)
  • Loki

Les X-Men Incassables

  • Danger
  • Magie
  • Tornade
  • Wolverine

Au moins quatre personnages supplémentaires sont déjà prévus sous forme de DLC. Personnellement, je trouve qu’il manque des personnages importants comme Cyclops ou Venom…

Marvel Tōkon: Fighting Souls réussit une chose essentielle, rendre un jeu Arc System Works beaucoup plus accessible sans sacrifier la richesse de son gameplay. Son système 4 contre 4 apporte un vrai vent de fraîcheur au genre, les combats sont spectaculaires et suffisamment techniques pour séduire les joueurs compétitifs, tout en restant accueillants pour les nouveaux venus. Je regrette surtout une direction artistique parfois trop éloignée des comics américains et un mode histoire qui manque de véritables cinématiques. Malgré cela, difficile de ne pas saluer le travail réalisé par Arc System Works. Sony tient ici une nouvelle exclusivité Marvel de qualité, et les amateurs de versus fighting ont probablement trouvé l’une des très bonnes surprises de l’année.

Les Plus :

  • Un gameplay technique mais très accessible.
  • Sans doute le jeu le plus grand public d’Arc System Works.
  • L’excellent système de combat 4 contre 4.
  • Des combats extrêmement spectaculaires.
  • Une réalisation technique de haut niveau.
  • Un roster varié dès le lancement.
  • Les références de Deadpool

Les Moins :

  • Une direction artistique très japonaise.
  • Certains redesigns discutables, notamment Iron Man et Captain America.
  • Trop peu de véritables cinématiques dans le mode histoire.
  • Une partie de la narration repose sur des images fixes.
  • Cyclops ? Venom ?
  • Les musiques…

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